On connaissait les jouets, qu’ils soient en bois, métal ou plastique ; on connaissait également les jeux vidéo qui gagnent en importance chaque année auprès d’un public élargi. Mais depuis quelque temps, un hybride est né, mélangeant les univers du jouet et du jeu vidéo : le jouet vidéo. Partant d’un principe simple et d’une démarche marketing redoutable, le jouet vidéo devrait s’imposer sous la plupart des sapins en cette période de fête.

Socle du jouet vidéo Disney Infinity et ses figurines

Le principe du jouet vidéo

Le jouet vidéo est donc un hybride entre le jeu vidéo et le jouet classique. Il prend une forme assez simple : d’un côté, vous achetez un jeu comme vous le feriez avec un Super Mario ; de l’autre, vous achetez également des figurines et une interface qui  permettra d’utiliser les figurines dans le jeu vidéo.

Concrètement, si vous jouez à Skylanders (qui est le pionnier et le leader dans cette niche), vous utilisez votre manette pour contrôler votre avatar. Si vous voulez changer – pour passer un obstacle nécessitant un pouvoir bien spécifique par exemple – il vous suffit d’attraper la figurine branchée sur l’interface (qui n’est autre qu’un socle à l’image du jeu) et de la remplacer par la figurine désirée : votre personnage change aussitôt à l’écran.

Mais ça, c’est uniquement pour le principe de base car derrière ce principe simple, les différents éditeurs font force d’imagination pour proposer de nouveaux concepts. Déjà, votre figurine contient les données de votre partie : vous avez atteint le niveau 23 de votre personnage en décidant d’améliorer son sort de boule de feu plutôt que ses sorts de soin ? C’est consigné dans la figurine qui retranscrira votre personnage dans votre partie mais également dans celle d’un ami. Cet ami pourra avoir la même figurine mais celle-ci sera différente du fait de ses choix et de sa progression dans le jeu.

Ensuite viennent les principes secondaires qui dépendent des extensions et des jeux. Skylanders, par exemple, propose aux joueurs d’acheter des jeux compatibles avec le socle et les figurines de base en y ajoutant des fonctionnalités qui relancent l’intérêt : personnages géants aux pouvoirs destructeurs, avatars pouvant dissocier haut et bas pour mélanger les pouvoirs associés ou encore capturer les ennemis du jeu pour les utiliser (à la manière d’un jeu Pokémon).

Un diabolique argument marketing

Quand Skylanders est sorti, c’est peu dire que les spécialistes du secteur faisaient la moue : trop hybride et trop cher, le concept était voué à l’échec. Pourtant la suite a démontré le contraire à tel point que le jouet vidéo est devenu un phénomène dans les cours de récré qui assistent à la bataille entre Skylanders, qui joue la carte de l’innovation, et Disney Infinity qui met en avant les univers Disney et Marvel du géant américain.

Tout d’abord, le jouet vidéo s’appuie sur un phénomène simple et bien connu des enfants : il faut collectionner toutes les figurines pour être bien vu. Bien que les jeux puissent se terminer sans faire aucun achat supplémentaire (chaque pack de démarrage contient plusieurs figurines complémentaires), il est conseillé de passer à la caisse pour accéder à la totalité du jeu ou tout simplement posséder ses personnages préférés.

D’ailleurs, à ce petit jeu Disney frappe très fort puisque la société de Mickey peut s’appuyer sur les personnages bien connus des enfants comme Jack Sparrow de Pirates des Caraïbes, Buzz l’Éclair de Toy Story et autres. Bien entendu, le jeu propose les univers liés et aperçus dans les films du groupe dans lesquels l’enfant peut se déplacer librement ou suivre un scénario qui le mènera aux quatre coins de l’univers Disney. Et afin de s’appuyer encore plus franchement sur ses acquisitions, Disney propose depuis peu les personnages de l’univers Marvel comme Spider-Man et les Avengers. Comment un enfant peut-il résister devant tant d’arguments ? Alors attendez-vous à voir déferler ces jouets vidéo qui ne devraient pas tarder à devenir la référence du jeu vidéo chez les enfants. Pour finir, sachez que le géant du secteur Nintendo, s’apprête à utiliser le même principe dans ses jeux sous le nom Amiiboo. Ce sera l’occasion de voir si votre Mario est plus fort que celui du voisin.